17 novembre 2012

Sur la route d'Allan ou ce bel accident

        
                         

On est parti , je t'emmène aux ruines d'Allan
Tout s'est bien passé dans ces vieux murs d'Allan
Coincés entre deux pans de ces vielles pierres
Le soleil nous caressait violemment
Dans ses nuages de blanc paumé.
On a laissé la voiture sous un arbre
Et on a grimpé à pied.
Puis on est reparti en glissant dans ces herbes sèches
Où grouillaient bêtes et lézards verts
Et on souriait au vent et à la plaine qui nous entouraient

J'ai repris la voiture en main
Et on a démarré par un dérapage caillouteux
On a repris la route d'Allan
On a traversé le village à toute trombe
On voulait sans cesse aller plus vite
Et on était grisé par ceci
Qu'est-ce donc que ceci
Et au croisement de l'autoroute on fonce

On roule  on roule  et l'auto fait des tonneaux
Et pourtant personne ne venait à droite
Pourquoi cette vision étincelante
Pressentiment obscur
Comme l'étaient nos esprits légers
La voiture s'est retournée sur le dos
Et nous aussi

J'ouvre ma porte  comment faire
J'ai réfléchi trop lentement
Et je t'ai tiré à moi
Et puis non
Je suis sortie , je suis vite - était-ce vite?-
Sortie de l'autre côté du fossé
J'ai ouvert la porte
Et je me suis retrouvée plus loin
Dans le champ
Allongée
Et toi ,à genoux
Toujours avec tes cheveux aux vents
Et je ne pouvais plus bouger
Qu'était-ce
Et comme si c'était exprès
J'avais envie de parler  parler et encore
Et c'était dur
Je ne me sentais plus
Quelle irréalité



Je ne pouvais mieux espérer comme mort
Mourir dans un accident de voiture
Pourquoi toi n'es-tu pas mort.
C'est beau cette mort là
Elle m'emporte
Comme la colère
Comme le vent
Comme la rivière
Je suis heureuse
Je ne sens que mon âme
Passage merveilleux du temps
Et le ciel est si beau
Aide-moi à le revoir encore une fois

Et je me dresse sur les coudes
Et tu voudrais pleurer
Mais tu es effrayé
Car je me sens trop bien
Ô ciel magnifique qui me borde
Et qui berce mes derniers instants

J'ai enfin vécu la Mort
Et je l'ai dans le ventre
Je suis enceinte de la Mort
Et je l'accoucherai
Avec mes tripes et mon sang
Et la terre


Univers de murs blancs
Et d'hommes blancs
Pensées obscures
Et lit blanc
La Mort m'avait donné rendez-vous
                                      La Vie aussi
                                                              février 1977

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08 octobre 2012

Naissances


                                  


                                         A u  s o r t i r  d e  l a  n u i t  g l a c é e
                               D a n s  u n e  t o r p e u r  d ‘ é t i n c e l l e s
                                                                       L ‘ A u r o r e  n a î t


La brume est légère au sortir de la nuit
La cîme des cyprès dépasse du brouillard enfantin
Une cloche sonne cinq coups
C’est l’heure des naissances
C’est l’instant des beautés qui se déplient
Une silhouette à bicyclette dans le glacé du matin
Le souffle part en brouillard
Le linge étendu dehors est couvert de gouttes d’eau
Tout est en rosée
Quiétude matinale
La clarté se réveille
Une fenêtre s’ouvre et des yeux gonflés regardent dehors
Du côté du levant on voit une lumière étalée
Quiétude matinale
Le voile s’est envolé
La vapeur d’eau prend la couleur de la terre
Les ombres naissantes se couchent au sol

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J'adhère à la terre...

                     



Comme je ne sais pas quoi faire, je cherche un cahier neuf et me fais alors le plaisir de l’entamer.
Le stylo à bille roule délicieusement sur le papier, at ma tête penchée se laisse emporter…Mes pensées s’évaporent…ou presque. Il me reste toujours et cependant des pensées de-ci de-là qui me tiennent en éveil. Pas de bruit dehors, si ce n’est un camion qui passe, une auto qui klaxonne, Une voix qui promène…
Mon corps s’appuie, s’affaisse sur le bureau de bleu verni quoiqu’un peu craquelé ; ma tête repose sur mon poignet gauche qui rougit petit à petit. Mon cerveau se repose un peu, bien au chaud dans son boîtier ; de temps en temps je le guide :  « reste éveillé » ou « qu’est-ce que tu pourrais bien faire? » ou encore « laisse-toi aller à des pensées vacancières... »…
Rêveries de voyages…repos au soleil…un ciel sans bavure  un corps sans pâleur…une joie au fond du cœur, toutes les émotions au chaud, à l’intérieur, vivantes, saines et musclées qui font vivre mon être.
Tout mon être entier à l’abandon de douces sensations
             Vibrations…
             Rhapsodie dans l’air
             J’adhère à la terre…

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