courts textes en prose ;des mini nouvelles?
17 novembre 2012

Sur la route d'Allan ou ce bel accident

        
                         

On est parti , je t'emmène aux ruines d'Allan
Tout s'est bien passé dans ces vieux murs d'Allan
Coincés entre deux pans de ces vielles pierres
Le soleil nous caressait violemment
Dans ses nuages de blanc paumé.
On a laissé la voiture sous un arbre
Et on a grimpé à pied.
Puis on est reparti en glissant dans ces herbes sèches
Où grouillaient bêtes et lézards verts
Et on souriait au vent et à la plaine qui nous entouraient

J'ai repris la voiture en main
Et on a démarré par un dérapage caillouteux
On a repris la route d'Allan
On a traversé le village à toute trombe
On voulait sans cesse aller plus vite
Et on était grisé par ceci
Qu'est-ce donc que ceci
Et au croisement de l'autoroute on fonce

On roule  on roule  et l'auto fait des tonneaux
Et pourtant personne ne venait à droite
Pourquoi cette vision étincelante
Pressentiment obscur
Comme l'étaient nos esprits légers
La voiture s'est retournée sur le dos
Et nous aussi

J'ouvre ma porte  comment faire
J'ai réfléchi trop lentement
Et je t'ai tiré à moi
Et puis non
Je suis sortie , je suis vite - était-ce vite?-
Sortie de l'autre côté du fossé
J'ai ouvert la porte
Et je me suis retrouvée plus loin
Dans le champ
Allongée
Et toi ,à genoux
Toujours avec tes cheveux aux vents
Et je ne pouvais plus bouger
Qu'était-ce
Et comme si c'était exprès
J'avais envie de parler  parler et encore
Et c'était dur
Je ne me sentais plus
Quelle irréalité



Je ne pouvais mieux espérer comme mort
Mourir dans un accident de voiture
Pourquoi toi n'es-tu pas mort.
C'est beau cette mort là
Elle m'emporte
Comme la colère
Comme le vent
Comme la rivière
Je suis heureuse
Je ne sens que mon âme
Passage merveilleux du temps
Et le ciel est si beau
Aide-moi à le revoir encore une fois

Et je me dresse sur les coudes
Et tu voudrais pleurer
Mais tu es effrayé
Car je me sens trop bien
Ô ciel magnifique qui me borde
Et qui berce mes derniers instants

J'ai enfin vécu la Mort
Et je l'ai dans le ventre
Je suis enceinte de la Mort
Et je l'accoucherai
Avec mes tripes et mon sang
Et la terre


Univers de murs blancs
Et d'hommes blancs
Pensées obscures
Et lit blanc
La Mort m'avait donné rendez-vous
                                      La Vie aussi
                                                              février 1977

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26 octobre 2012

Au bout de ta rue

                      

Vingt-quatre kilomètres et quelques mois…Et ta rue…Là où tu es, là où je t’imagine, là où tu m’as donné rendez-vous. Une rue grise, un bâtiment austère, des platanes et des voitures incessantes aux abords de la ville…
J’ai garé l’auto un peu plus haut ; je suis en avance aujourd’hui, j’ai tant attendu de te revoir…
Je prends la rue qui m’entraîne et m’emporte, porte mes pas mon corps mes pensées flottent et mon cœur relié à toi tu ne me guettes pas encore

La rue m’entoure de ses murs guide mes pas ses pavés sous mes pieds suggèrent ma direction. Je m’enfonce dans la ville…Des gens grimpent et cheminent sur cette rue en pente, vite, lentement, des gens devant moi, derrière moi   , me croisent et me dépassent ; où vont-ils ? Ont-ils une destination chacun ? Savent-ils où ils vont ? Je marche…L’esprit soulevé, les jambes en mouvement, j’erre…J’ai l’impression de planer, de vivre en dehors du temps de la ville et de tous ces gens, ces flots, ces mouvements, ces devantures. Ma tête est ailleurs et pourtant, dans les ruelles je marche, je traverse, je tourne, je marche encore, je longe les murs, je regarde, je fais semblant de regarder autour de moi, devant, derrière, je suis là, je n’y suis pas, je me sens nue. Ô rue pleine de vies et de couleurs qui m’enivrent, toi qui me porte, moi errant jusqu’au lieu destiné ! Jusqu'à ta porte ! Quand sera-t-il l’heure enfin ? ! J’ai peur et ça va être là. Je tremble. J’entends une cloche sonner, soulagement, il me reste du temps.

Je me propose  un itinéraire pour me défaire de l’idée que j’ai de n’être que du vent…., Tellement je n’habite pas mon corps en ces instants où je marche…
Le parcours en tête, j’ai l’air décidée, je presse le pas. Ressemblai-je à tous ces gens ?et suis mon chemin dans les ruelles pavées . Pavés mats, pavés luisants, pavés roses, marrons, jaunes, ou bien posés, trottoirs étroits collés aux devantures, maigres passages de lèche-vitrines, formes et teintes emmêlées de gestes et d’envolées, de bruits, de sons, et de voix diffuses…Les yeux se posent de ci – de là ,attirés par une vitrine, une affiche, une découverte, une lumière un appel un cri ou un geste, une senteur, un parfum, une musique, une odeur…

Les sens sont en éveil, sans cesse interpellés. Je sens , je hume, j’écoute, je vois , je respire, je suis pénétrée, je vis…Ô Rue si pleine et transparente qui me contient et  me porte, tu me remplis !! Au-dedans de la rue le cœur de la vie a rebondi et se répand en moi !!Tu palpites et je vibre. Ravie, je me ballade dans tes flots ensoleillés….

L’heure se rapproche lente et sûre. L’heure de se revoir. Dans quelques minutes seulement ! A quelques rues d’ici, celle où tu m’attends !! L’espace et le temps s’accélèrent, se confondent et me voilà entière, l’émotion me gagne, tout va si vite tout d’un coup, je suis bousculée, je tremble je suis prise dans les filets du temps. Mon esprit rentre dans mon corps, la réalité me prend, les dimensions du monde m’apparaissent pressantes et conditionnent mon allure…Je dois maintenant presser le pas …
Je prends à droite puis à gauche, la place au fond, la rue qui monte jusqu’au passage clouté en face de la fenêtre qui t’abrite, au coin de ta rue enfin. Je sens mon corps tremble je suis essoufflée je pense à toi tout se rassemble sous le platane devant ta porte  je sonne.

Magie de l’instant. Je te vois arriver à travers la porte vitrée, tu l’ouvres, je suis dans tes yeux, tu es là, j’entre.
Abolition de la distance et du temps en cet instant. Nouvel espace où nous sommes ensemble ; le monde n’existe plus, la ville n’existe plus, la rue n’existe plus. Seul mon corps vibre et me pousse vers toi. Abstraction de tout, dimension de l’amour…on se retrouve comme si nous ne nous étions jamais quittés….Le temps est plein de tes yeux  de nos lèvres et nos doigts signent la fermeture de l’espace sur nos corps…transports… Tout est si simple… Je plonge dans ta voix et ose les mains sur ta peau je suis à toi.Dans tes mots je suis pleine de toi et de douceur…Vingt-quatre kilomètres et une errance citadine pour un bonheur inégalé…

Mon cœur se serre. Je dois maintenant partir. C’est se quitter et jusqu’à quand…Me ressaisir, réintégrer dans mon corps mes pensées au rythme du temps mesuré. La porte s’ouvre, je lui tourne le dos, je ne regarde pas derrière, je plonge dehors, je plonge dans la rue.


    Elle me saisit, froide et chaude, semblable à elle-même et moi  si différente si pleine de toi mon cœur lourd et mes mains si riches de ces instants. La rue si vide. Je marche, je marche, sans regarder derrière, je marche, encore. Je saisis l’espace et le temps, les rues qui m’ont portée jusqu’à toi et qui n’ont jamais cessé d’exister les couleurs sombres et pâles, les bruits, les murs, les toits, les pierres, le ciel, les gens se croisant, se côtoyant dans les réseaux pavés…Ce que je vois, ce que j’entends, ce qui m’entoure me fait réaliser que tu n’es plus là. La rue me récupère. Je me sens seule. Je veux partir. Je veux quitter ces rues amères, dures, froides, distantes, intraitables, indifférentes à mes sentiments, à la richesse de notre amour caché derrière la vitre qui les a embrouillées, effacées, endormies, évaporées. Fuir, fuir, fuir, les ruelles et les traverses, les boulevards, la ville entière !!



                           J’accélère le pas. Je pars.
                           La rue reste immuable.
                           A l’intérieur de moi, je suis pleine de toi.
                           La rue ne sait pas tout cela.


                                                                     Et si tu arrivais derrière moi,
                                                                               On la vivrait ensemble ?

                                                                                                                                                                      Décembre 2002
                            

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13 octobre 2012

L'Homme-Jésus

…….Finalement, il s’est fait entraîner le petit jeune, avec les autres morts. N’y-a-t-il que cela à leur offrir ?Un exemple de fusillade déchaînée pour le plaisir de se défouler…L’exemple des grands, de la force, des forces de l’ordre, de la loi : tirer, tirer à bout portant sur des cibles humaines, tuer, se régaler du sang chaud… Ce film si atrocement réaliste et abominable –à abominer--, une conscience à ne pas avoir de prise .Laissons tomber et regarder l’horizon sur le désert…Des traces de pas dans le sable...
                                                         Une dune : au loin, un léger vent
                                                         Le cri d’un chameau  
                                                         Une caravane qui passe
                                                                                            Rien d’autre
        Nécessité d’un joli tableau pour effacer les barricades, les bruits qui bougent se cognent nous heurtent. Un tableau paisible qui nous enveloppe de quiétude.
         Plongés dans un écran de cinéma, cette violence nous empoigne.et on attend tous que ça pète. C’est malheureux. Ce n’est pas même humain./à bannir l’expression « c’est humain » /c’est triste.Créer la soif de sang.la soif de violence.et tous les désarçonnés vont y aller encouragés. La filiation des tueurs passée de génération en génération.la haine a ses descendants.
         Gandhi !  Luther King ! revenez!
         Jésus , qui es-tu, que quelqu’un comme toi revienne sur la terre pour tous les calmer.Vite ! Vite !
         La soif vient de plus en plus parmi nous. Créons l’entente et l’amour du prochain. Plaidons l’œcuménisme, donnons-nous la main !
                            
               Et la barque pleine de pétards et de T.N.T. a été poussée au loin
               De l’autre côté du fleuve
         Tandis que tous se regardaient, hébétés d’avoir vécu un  cauchemar Pourtant si réel — réalisé à la vue du sang — tous se sont donné la main, l’ont sérrée, tenue, gardée longtemps longtemps , jusqu’à s’unir ensemble ,  tous, des kilomètres d’hommes et de femmes tandis que les enfants jouaient , jusqu’à s’asseoir au sol en tailleur, le dos bien droit malgré la fatigue.Au milieu d’eux, un grand feu et toutes les horreurs passées y furent jetées, consumées jusqu’à la dernière particule pour qu’il n’en reste plus rien.

                 Le feu dura toute la nuit
                 Au-dessus, les étoiles dansaient, soulagées d’un ciel
                 A cet instant clément.
                 Enfin la paix était revenue.


                                             Car dans la foule fatiguée,
                Un homme parlait,  d’une voix douce, lente, posée, parlant de mille choses  venues de nulle part, d’un ailleurs invisible, que    chacun ici ressentait au fond de soi. Une voix comme des milliers de voix qui ne sortaient pas et dont personne n’en soupçonnait l’existence..un son porté par un souffle…Seul cet homme savait la respiration. Tous les autres étaient avec lui, écoutant ce qu’eux-même ne savaient exprimer, ils s’étaient battus pour cela.

                 La nuit les a gardés longtemps ensemble, complices, frères, rassemblés ce jour jusqu’au lever du
 Lendemain et d’autres encore, pour la fin des temps peut-être.

                     …  Le film s’achève ainsi.
                        L’image est meilleure.

  C’est alors que tous pouvaient regagner leur demeure.

                         
                         

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08 octobre 2012

D'une vie en 76.....

                                    D’une vie en 76…

C’était long dans la nuit cette attente… Et lorsque j’entendis cet oiseau dans le ciel qui s’enfuyait ,
j’ai compris que je devais commencer.
Je me mis en route, à la recherche de mon chemin, guidée par ce bruit qui me suivait, ce tic-tac volage construit par mes pensées. Et je devais partir , sans savoir pourquoi , sans savoir où, ni comment. La seule chose que je savais, c’est que cela serait pour moi.
C’est alors que je partis.
C’est alors que je compris qu’attendre ne fait pas avancer.je ne regarde pas autour de moi, j’avance, je marche, et cela même si la nuit n’est pas très claire…le chemin sera encore long, la lune aura le temps de venir éclairer mes pas, et dans quelques unités de temps, ce sera au tour du soleil à venir me pousser à continuer.
Alors je pars et essaierai de ne pas me retourner, pour aller encore  au –delà, au-delà de cette nuit depuis longtemps tombée et qui un jour –aujourd’hui ?—se lèvera.
                                          Nuit tu es belle
Longtemps je t’ai aimée
Je te ferai charnelle
Je te ferai aimer
Toujours je me souviendrai des moments que j’ai passés avec toi
Et te remercie pour ta beauté que tu dissimules parfois
Toujours je te vivrai
Jamais je ne t’oublierai
Et j’envelopperai dans tes couleurs toutes celles que j’ai aimées.
Dans tes couleurs j’y mettrai tous les tons et les notes et les parfums que j’ai embrassés
La lumière est venue de toutes ces sensations que j’ai éprouvées
Le soleil est levé
La nuit plane en moi
J’avance…
Je suis déjà partie…

Les couleurs étaient claires…
Un enfant qui naîtrait à cette heure-là ne pourrait deviner si elle apparttient à celles du jour ou de la nuit. A nous de l’éclairer.
C’est un semblant de nuit, une nuit si pâle et si craintive que l’on en découvre les moindres parties. Une nuit belle comme le jour. Une nuit puissante et tiède, une nuit pleine d’amour, de grâce et de plénitude. Une nuit qui appelle à aimer, à regarder, à découvrir, à toucher, à sentir, à emmagasiner, à se remplir.se remplir et aimer , c’est ce que laissait entendre la nuit…
Se remplir et aimer, c’est ce que me disait la nuit.
Lorsque j’étais là, tout contre la vitre et que je la regardais en silence, que je l’aimais sans rien dire, elle me parlait…je sentais en moi sa force et  sa quiétude, tout son savoir qu’elle me communiquait ;je la contemplais sans bouger, me livrant pour qu’elle me prenne et continue de me parler. Je lui répondais par une entière disponibilité, la communication y était. Ma réponse la contentait. Elle me prit et me fis vibrer, et me laissa dans cette douceur qui venait d’elle.
Je m’allongeai, fermai les yeux, et me donnant à elle, je m’endormis…
                                                                    
La beauté soudain emplit mon corps…
Je me sentais remplir et me laissai aller à cette sensation…
Mon corps étendu sur mon lit ne bougeait plus, tout mon être était en ballade, je flottais dans un univers mirifique d’une douceur incomparable ; magnifique instant…divines secondes…, ou des milliers de temps. Un univers sans mesure, sans loi ni reproche. Un univers qui ressemble à un décolleté profond, où l’on se perd par amour. Où l’on vit une joie responsable d’un désir, une paix qui déchaîne, un silence qui pousse à crier.
Crier ce trop de bonheur, l’agonie d’un temps brouillé de peines et de fuites pour ne pas pleurer d’amour. crier cette agonie et comprendre que l’on a trop attendu. Crier que l’on désire à nouveau aimer et se laisser à l’amour.
                 La nuit nous arrache ce cri.
                 La nuit nous fait parler .
La nuit nous fait taire pour mieux comprendre.
Comprendre que l’on doit s’aimer, s’écouter, s ‘entreprendre.
La nuit indomptable nous immobilise, nous serre pour que l’on réagisse, nous émeut et nous fait vivre. Dans son silence elle nous étreint et nous remplit d’amour, nous laissant seul avec ce désir de vie, incertain dans notre faiblesse mais si réel dans notre pureté. Vivons cette nuit dans sa largesse la plus grande, elle nous enveloppe et nous tient chaud, elle nous couvre et nous dit d’y aller.
La nuit dans son azur est si profonde, regarde un peu son ciel de bels horizons, le regard trouve matière à caresser.
Vivre la nuit c’est se vivre soi-même
Se laisser échapper de soi son intérieur, le laisser vagabonder dans le bleu de la nuit, et le reprendre par un regard plein d’éternel, de beauté pure  et de désirs — à la seconde accomplis —
Le reprendre plein de fraîcheur somnambule, de tiédeur nocturne, et le remettre en soi, le cœur gonflé…
Sensation d’accomplissement, de remplissage, d’entités réunies sous un ciel d’étoiles vivantes et heureuses.
Le cœur rebondit et palpite au cœur de ces sensations.
Le cœur est ému, il tremble, et remercie la nuit qui lui offre ce plaisir si intense.
Le bonheur est là…
Tout contre, la nuit nous sourit. Le temps est arrêté.
Tous les sens en suspens, l’âme est aux aguets.


La respiration est retenue.
Vraiment pouvons nous croire que le moindre souffle fasse tout envoler ?
Et c’est pourtant afin de ne rien perdre , et pour tout gagner que l’être s’immobilise. Puissance…
Immobile profondeur…dans la suspension, le temps s’écoule, puissant.
L’être est fort, la perception est totale, tout est enregistré.

Délice échange du corps et de la nuit…
Secrètement les ondes s’accordent….
Il nous semble toucher le ciel et comprendre la vie


Silence… silence et paix… paix intérieure, paix du corps. Ce soir non plus, je n’avais poas tiré les volets. La nuit passait par la porte-fenêtre. C’était là mon lieu de correspondance avec elle. Combien de fois mon regard a-t-il traversé ces petits carreaux ! la fenêtre, la terrasse, la rue, la voie ferrée, mon univers familiers que mes yeux adorent caresser dès le crépuscule.
Je croyais rêver… sur la voie, un cheminot passe, agite le bras de gauche à droite et me crie :
 « Eh ?   pourquoi les trains ne font-ils pas de bruit la nuit ?… ;je vais au bout du monde ! ! »

Des sourires sur les bouches, la main se creuse, se replie, ferme sur soi le bonheur à l’instant Vécu.
L’esprit fait des milliers de kilomètres. Tout se comprend. Tout se sait. Tout se touche. Tout a un sens. L’intuition est devenue amour. Tout est devenu amour. La distance est illisible.
L’âme est lâchée dans l’espace et caresse les beautés.
 Le regard est rapide , vole tout sur son passage et poursuit sa route.
         Paix intérieure…..Silence…..
         De la vie de l’âme naît le bonheur…
Unir le corps et l’âme et  l’espace et sentir…
Incroyable suspension.
Le mouvement est tourné en dérision.
Je respire tout doucement…





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07 octobre 2012

La table



Nous étions tous là, assis à cette grande table. Il ne manquait personne. Ce  jour-là, nous avions su bloquer le temps afin de  nous retrouver. Bien mise, belle nappe et décorations, les couverts scintillants, des chandeliers pour le soir, longue et claire, la table nous attendait. Les enfants ont grandi, les parents sont toujours là, les frères et les sœurs et moitiés liées étaient assis côte à côte.
         De la diversité des propos sur le monde actuel, ou de la critique annuelle de ce repas rituel surgissait une anecdote du passé ; et les souvenirs s’étalaient alors entre nous, tissant et retissant les liens, nous unissant tous ici assis, les mémoires s’activant, les verres s’entrechoquant, toujours pour boire encore ensemble à la santé de tous.


Et que vive le temps et que vivent les liens et que vive la famille….et que ne cesse l’amour, et se pérennisent les sourires complices d’un temps partagé… de ce temps rappelé, l’horloge s’est arrêtée, balayant les soucis, oubliant le dehors, la tendresse touchant chacun au coude à coude, malgré les rides sur le visage et les années derrière…

Stabilité des murs. Enceinte forteresse d’un amour parental sachant réunir ses fils et mettre à l’ordre du jour l’union et la vie de la vie.
Le ciel est beau, il pleut, qu’importe…les flammes des bougies éclairent notre cœur…que l’amour qui règne ici brise ses frontières et imprègne chacun de ce monde…qu’il lui soit donné de vivre ce sentiment de partage dans un même élan de bâtir, forces unies, tissage de la famille, source de fraternité…

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05 octobre 2012

A l'analphabète


                        

Ô analphabète penseur
Que tu rêves la nuit !
Et sans que tu t’en aperçoives
La terre tourne et tourne sans toi
                                 Tu l’oublies
Et tu regardes dans tes rêves
Pour voir si tu existes
Tu ne sens pas ton corps il ne t’appartient plus
Tu l’as donné tu l’as donné
       Don du corps à une parfaite sensation
       Bien-être et  chair de poule à la nuit
       Tendresse éperdue oubliée par les sons
       Torpeur inaccessible si l’on ne lâche pas son cœur
Tu rêves car tu penses
Tu l’as dans la poche
             Dans les yeux
             Et dans la bouche
Raconte-la
Nourris-la
Elle est belle , l’imagination



Ô analphabète peintre
                      Fais des dessins sur tes lèvres
 Et dessine ta vie au-dehors
Mords les couleurs et mâche-les car elles se mâchent
Et tu regardes dans tes couleurs
Des milliers de visages abandonnés
Abandonne-toi dans les tons
Délave-toi sur des toiles fines
Doré
Qu’est-ce que tu peins aux heures de la nuit ?
De l’étrange ou du vide à portée de la main
           Pinceau articulé
           Ca vibre et tu transmets la vie à la feuille penchée
Tu peins car tu aimes et tu veux que ce soit
Ton dessin sera vivant
Tout est en vie car tu dessines
Ta toile bougera car tu le veux
           Mais tu trembles
           Tu as peur d’être aimé
           Mais tu es beau sous ta peinture
           Elle est à toi
           Tu l’as créée





Ô analphabète poète
Si tu veux des milliers de mots tu n’en trouveras qu’un
Un qui saute et qui gicle par-dessus des milliers de mots morts
Un mot vivant qui vibre
         Et qui te fais jouir
Sensation cruelle que celle de penser à la mort quand on n’a que ce mot
Tu lis ton écriture et tu verras
Que c’est pas si dur d’écrire la vie ton crayon et toi
         Ce n’est qu’un mot
Tu ne l’écris pas car tu y réfléchis toi
N’y penses pas puisqu’il est dans ta peau
Et dans ton cœur parcouru de milliers d’étoiles réfléchissantes
Ton corps est comme des miroirs dans toutes dimensions
Tu écriras car il le faut
Crois-tu qu’un crayon puisse dire tant de choses
         Les choses dans ce mot
         Les multitudes de sourires que tu vois la nuit dans tes rêves
         Dans le beautés inhabituelles que l’on trouve sur la terre
Tu écriras le feu et la mer
Et les cheveux
Et le vent dans les yeux
                     Crois-tu que l’on puisse écrire des yeux?

C’est toujours ce mot qui revient
Persécuteur de petites habitudes nécessaires
Ce mot est dans ton crayon
Ton crayon l’écrit quand tu veux l’oublier
Ce mot te gicle à la figure   mange-le   bois-le  ne cherche pas à l’épeler
Ne cherche pas son sens étymologique
Il est trop bon  ne le perds pas de vue
Et prends-le à pleines mains  ne le laisse pas tomber
Et ne vois pas sa mort  tu serais trop déçu
Continue à écrire
Puisque tu ne peux pas te retenir
Tout est dans ta main qui serre ton crayon si fort
Pour ne pas perdre ton bonheur
Ne cache pas tes feuilles décorées il faut que tout le monde sache
        Pourquoi tu vis
        Pourquoi tu pleures et tu aimes
        Tu vibres  tu sens
        Et tu trembles
        Car tu as besoin de ce mot.

Ce mot qui t’a rendu fou à force de l’aimer

                                                              
        

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02 octobre 2012

Retours de pensées


 


J’ai vu le château où tu commençais à rire
On disait Nîmes ou Tarascon
Et puis , quelle importance , c’était la voie ferrée.
C’était magnifique.
                       J’ai vu le château et ai commencé à pleurer…
                       J’ai l’impression que je suis à des milles
                       Nulle part , entre tout et rien , je suis loin
                       Les soufflets tremblent violemment comme mes pensées.
Une rue est comme une photo qui tremble…Les arbres… Petit-Nice au pac-à-l’eau
                       Un homme au-dessus , lit
                       Il y a écrit sur la porte : sécurité.
                       Et mon bouton qui se découd.
Je me découds , mais mon cœur est cousu avec du fil d’Acier
Quel est celui qui osera l’atteindre ! qu’il essaye ! Et tous les Démons de l’Amour s’acharneront sur lui , ce voleur de baisers volés d’à demain mystique !
                       A chaque fois que la porte s’ouvre , elle me rentre dans le ventre..Courants d’air…
Trous d’air dans mes boyaux.
Je respire mal mais je choisis l’Air. Quelque chose qui me colle encore au cœur et au corps… « ..get around… »…

                      Orange…
Le ciel s’habille
La lumière se meurt
Crépuscule en deuil de la journée qui se meurt
La journée n’est pas finie , je respire
Cent kilomètres , quatre-vingts kilomètres , quelle importance…Peut-être cinq-cents ,
Dix mille … ,  je descendrai aux cinq minutes d’arrêt
Quand le vent soufflera fort , là où il n’y a pas la mer. Si.Le soleil.
Plus de rouge , c’est sombre maintenant. Les écrevisses sont parties.Demain peut-être , sous les nuages blancs ou gris , elles sortiront pour aller au marché. Marché sous les cerceaux était beau.
Flânerie…
Y avait-il donc quelque chose de pas beau ?

La mer vue de là-haut , perdues au Pérou , tiens ! Il y a donc des arbres au Pérou ?
Fraîcheur instantanée pour celui qui a grimpé haut et qui s’arrête dessous les arbres.
Vert. Jaune. Tâches , reflets , luminosité , fluorescence , perdition…
Perdition totale de l’être
Ivresse tendre…
Fermer les yeux , ouvrir le verrou et tirer le battant en bois gris…Fraîcheur soudaine…
Réconfort…Don du corps à ce bien-être…Dehors le soleil s’est étalé
Où sont donc le ciel et la mer et les arbres ? Tout se rencontre et se délave
Mélange des couleurs , photos incrustées , tête bourrée de lumières , de blanc , de bleu et de rose…Pâleurd’une aube agonisante qui a duré trois jours , trois étés , trois lunes , trois années-lumière. Mille ans.Ivresse particulière d’une folie amoureuse de la vie.
                       Une fille mal ordonnée , tant pis. Peut-être plaira-t-elle , peut-être ne plaira-t-elle pas. Elle  
                       n’a pas l’air de s’en soucier
Débattement
Je bas des ailes…Mon cœur est bavard
Mais je ne dis rien haut
Je regarde juste en face et je suis à des milles
Je suis de l’autre côté  très loin  je suis paumée
A perdre haleine
Emotion
Durable

Jolie robe  Et bien portée.
Le jeune qui est là est bien gentil. Il regarde la vitesse qui débranche les arbres . On a quelque chose en commun.On a senti une même odeur d’alcool et de tabac mêlés
Oubli
Rire saccadé , cristallisé , enfantin. Jeunesse du contentement.
Jouissance la plus sûre  Promesse d’une belle promenade
Allons voir Aristide Briand. On y boira du thé froid.
« Pourrai-je avoir quelques glaçons de plus ? »…---« ..Humm humm.. »
Drôlerie. Fous rires éperdus . Corps perdus . Ames plus que vivantes.
Tiens , il n’a pas mis son anti-vol ! Il ne doit pas en avoir pour bien longtemps. Il a dû
faire un saut à la librairie.
                       Mais , ce n’est pas par là ! Ici ! Là-bas ou au-delà , quelle importance , on avait acheté le
Temps
Pour un instant
Tant pis , on verra bien.

Tu as vu l’usine atomique ?
Je n’ai pas envie de voir , je ne veux pas rentrer
Je suis prisonnière de l’espace. Comment allez-vous faire pour m’attacher ?Peut-être avec des feuilles de salade
La porte s’est refermée. Je m’enferme et somnole…Je dormirai longtemps ;jusqu’à ce que
Je meurs
Exil  Passions violentes.Je n’ai pas faim. Mais non , c’est psychologique. Je n’ai envie de rien ,  si !
De voir la mer et marcher le long , les pieds dans l’eau
Non , je m’arrête
Car    je pleure ,
Le réveil va sonner huit heures.

Gorge coincée par la féerie mélancolique ,
Je souris
Car j’aime le vent dehors  Aimer c’est vivre mille fois plus
La nuit des temps
L’éternité. J’ai vécu

J’ai mangé de la salade et je suis dans mon bain
Mais cette eau n’est pas salée  C’est incroyable comme j’aime la mer
Je vis la mer , le soleil et les écumes , seule manière de bien-être que de vivre au-dehors
Dehors de tout
La vie est dehors , ailleurs ou nulle part
Elle viendra demain , ou alors pas du tout  Moi je la tiens , je ne la lâche plus
Je mourrai heureuse
Je mourrai vivante et passionnée
Le vent m’enterrera

Je suis bien dans mon bain et ce soir j’ai ri
Nervosité de la folie
Rire amer
Rire agréable à entendre
                       Un melon frais offert à ta bouche  et musique classique au réveil…
On aurait dû fermer les volets …Le jour nous a endormi doucement , le plongeon dans la tendresse…Instant émouvant…Chuchotements…Silence
La télépathie à des mille de notre Galaxie…Je suis encore chaude…
Ca fait un point jaune quand j’appuie mon pouce sur mon cœur
Cris dans la maison , je suis seule dans mon bain, à part , très loin ,
Je respire , je hume , je ne me moque plus
Quittez vos habits et regardez de quoi vous avez l’air !
Cherche la beauté , découvre ,
Et béatitude devant Elle.

Demain il y aura du taboulet et du poulet froid.Aurai-je faim demain ?
Je fais des bulles dans l’eau,
Comme au fond des vagues ruisselantes ,
Et je fais des bulles dans ma tête aussi
Y’a encore sur mon corps les marques des caresses du soleil
Douceur violente…

Il pleut ! Vite ! Rentrez les chaises-longues et les grand-mères !
Tournoi général de jambes en bataille ,
Euphorie des plus petits qui aiment l’impromptu
Dépêchez-vous de finir votre assiette , ça va être l’heure du goûter !
Petit pastis mais bien tassé.
Le regard tourne , se détourne ,
Et s’en retourne vers l’hier.
Un haut-parleur bourdonne au loin ,
C’est la fête des enfants.

                                        à A-C.A.


              

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30 septembre 2012

Tandis qu'à terre le sol m'attendait


Ainsi lentement, le bateau partit du port vers l’horizon Son sillage scintillant traçait comme une Ligne droite et creuse Et les flots se refermaient sur lui ;à peine dessinée, sa trace était effacée. Vers l’avant, la masse d’eau embrassait l’embarcation confiante.
Et moi sur le pont , je me laissais griser, les embruns dans les cheveux, le soleil sur ma peau, les doigts fermés sur la rambarde froide et chaude, moites de sel et d’air marin, je me laissais Porter à la rêverie, solide comme un roc, plantée sur mes deux jambes, forte de tenir si droite sur un Sol si mouvant. Je tanguais sur les flots au rythme des vagues, et m’imaginais avant, après, en cet Instant si présent à la seconde même où je respirai..
Avant, le port et la ville que je quittai….Ma vie derrière Après..Après…, la ville que je retrouverai à l’issue de ce voyage, comment sera-t-elle ? Comment m’accueillera-t-elle ? Comment serai-je ?
Tout dépendra de mon périple et des richesses que j’aurai eues…jour où je toucherai Terre à Nouveau…oublier oublier pour mieux retrouver…Partir, partir pour mieux revenir…

Droite, face à la mer, les épaules relâchées ,je vis. Je vis le soleil, l’eau, le ciel, l’air, les poissons Dessous, le bateau, les sons, les embruns, le sel, l’odeur, les voyages, la partance…
Combien de temps suis-je restée ainsi ? Quelques minutes ? Une heure ? Un jour ? Une vie Entière ? Le clapotis m’accompagnait, le roulis me berçait, abandon de mon être, Richesse de L’instant.


Sur mer la vie céleste m’embarquait.

                                                            

Posté par Ethunelle à 12:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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