Ainsi lentement, le bateau partit du port vers l’horizon Son sillage scintillant traçait comme une Ligne droite et creuse Et les flots se refermaient sur lui ;à peine dessinée, sa trace était effacée. Vers l’avant, la masse d’eau embrassait l’embarcation confiante.
Et moi sur le pont , je me laissais griser, les embruns dans les cheveux, le soleil sur ma peau, les doigts fermés sur la rambarde froide et chaude, moites de sel et d’air marin, je me laissais Porter à la rêverie, solide comme un roc, plantée sur mes deux jambes, forte de tenir si droite sur un Sol si mouvant. Je tanguais sur les flots au rythme des vagues, et m’imaginais avant, après, en cet Instant si présent à la seconde même où je respirai..
Avant, le port et la ville que je quittai….Ma vie derrière Après..Après…, la ville que je retrouverai à l’issue de ce voyage, comment sera-t-elle ? Comment m’accueillera-t-elle ? Comment serai-je ?
Tout dépendra de mon périple et des richesses que j’aurai eues…jour où je toucherai Terre à Nouveau…oublier oublier pour mieux retrouver…Partir, partir pour mieux revenir…

Droite, face à la mer, les épaules relâchées ,je vis. Je vis le soleil, l’eau, le ciel, l’air, les poissons Dessous, le bateau, les sons, les embruns, le sel, l’odeur, les voyages, la partance…
Combien de temps suis-je restée ainsi ? Quelques minutes ? Une heure ? Un jour ? Une vie Entière ? Le clapotis m’accompagnait, le roulis me berçait, abandon de mon être, Richesse de L’instant.


Sur mer la vie céleste m’embarquait.